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Proximité et efficacité

CONSTRUCTION, INSTALLATION ET ORGANISATION D’UN JARDIN D’ENFANTS EN ZONE RURALE AU SENEGAL

Avant tout, il est indispensable d’obtenir un large consensus autour du projet en faisant appel à l’ensemble de la communauté : les représentants religieux (imam , curé ou marabout...) l’union des femmes, les groupements d’intérêt économique, les instituteurs, ces derniers sont bien implantés et peuvent être un relais précieux mais ce n’est pas toujours le cas (dans le village de Saal ils nous furent d’aucune aide, à Koar et à Ndoss ils furent des acteurs incontournables) et enfin le chef du village.

Lors d’une réunion plénière où tous les acteurs seront présents, il faut énoncer très clairement à toute l’assemblée les grands principes qui doivent régir le jardin d’enfants : parité garçon / fille, la laïcité de l’enseignement et l’apprentissage des gestes d’hygiène élémentaires (lavage des mains, mouchage de nez etc.) enfin préparation des enfants à l’école primaire par un enseignement diffusé en français (qui n’exclut pas bien sur les langues locales). Il faut également bien recadrer cette action dans le cadre d’un projet général d’éducation et de prévention chez les tous petits qui contribue à améliorer globalement la santé de la population.

Evaluation du nombre d’enfants entre 2 et 6 ans qui sont concernés.
Pour toute inscription la famille devra présenter un bulletin de naissance de l’enfant.

Localiser un terrain qui sera consacré par la communauté villageoise à ce projet.
Vérifier la viabilité du terrain, surtout déterminer avec exactitude qui en est le propriétaire.
Contacter les administrations compétentes, comité rural, cadastre, pour obtenir le permis de construire.

La communauté villageoise s’engage à entretenir les lieux à partir d’un cahier des charges établi avec elle et signé par les représentants du comité de gestion.
L’espace devra être central si possible à proximité de l’école un point d’eau est indispensable dans l’enceinte ou à proximité du terrain.

Etablir le calendrier de la construction en tenant compte de l’hivernage (saison des pluies).
La construction s’effectue selon les plans déposés, cases octogonales et auvents circulaires (voir détails sur plan).
Tous les bâtiments seront la propriété de la communauté villageoise.

Constituer rapidement un comité de gestion du Jardin d’enfants comprenant un président un trésorier, un secrétaire, etc.
Ses membres seront désignés par les villageois.
Le comité sera l’interlocuteur auprès de Racines d’Enfance et des autorités locales (inspections académiques, comité rural).

Le recrutement des monitrices ou moniteurs (une moyenne de trente enfants par adulte) s’effectue dans le village même. Le comité de gestion propose des postulants qui sont choisis sur trois critères : leur niveau d’études (l’obtention du Brevet, BEFEM est un des critères) leur disponibilité et leur désir de travailler avec les enfants.
Ces qualités sont relativement faciles à évaluer (une femme sans enfant peut poser un problème, futur mariage interaction du mari) vérifier également l’équilibre ethnique si plusieurs ethnies composent le village.

Généralement, les futurs monitrices / moniteurs choisis par le comité d’organisation répondent aux critères s'ils ont bien été énoncés au préalable. Pour leur formation, un accord avec l’inspecteur de l’éducation de la petite enfance de la zone sera conclu. Cette étape est vital et permet d’impliquer les autorités nationales qui vont ainsi valider cette action et l’officialiser.

Le stage dure plusieurs semaines l’association partenaire peut prendre en charge en partie son coût en fonction des facilités offertes aux stagiaires, famille pouvant les héberger, transport, fournitures sont à la charge de l’association.

Le fonctionnement du jardin d’enfants

L’inscription des enfants se fait à chaque rentrée avec un bulletin de naissance.
Il est ouvert tous les matins.
Chaque famille doit donner 1,50 euros par enfant et par mois soit 1000 FRS CFA = deux kilos d’oignons (c’est une moyenne, chaque comité détermine la somme en fonction des possibilités locales).
Pour les familles en difficulté, les Groupements d’intérêts économiques règleront le problème ou le comité de gestion.

La somme mensuelle recueillie est partagée à la fin du mois pour rémunérer les moniteurs / monitrices et entretenir les locaux.

Elaboration d’un règlement intérieur pour organiser le fonctionnement de la structure.
Un uniforme est fabriqué par le tailleur du village et vendu aux familles.

Vérifier si d’autres acteurs interviennent déjà dans la zone, UNICEF, le PAM.

MARC PERPITCH

METHODOLOGIE DE L’ACTION SANTE DE RACINES D’ ENFANCE AU SENEGAL

Le but de notre action santé est d'améliorer la situation sanitaire des zones où nous intervenons en équipant et en réhabilitant des établissements, postes ou centres de santé déjà existants.

Le choix du projet se fait en fonction de la proximité géographique avec les autres réalisations de l’association et de la volonté affichée par la population et le personnel de s’impliquer dans le programme de réhabilitation.

Lorsque nous avons ciblé un établissement, nous procédons toujours de manière concertée avec les autorités sanitaires, les autorités de tutelle et l'administration communale. Une première visite est organisée avec toutes les personnes concernées afin de définir ensemble, les besoins élémentaires et prioritaires dans l'intérêt des malades (accessibilité des locaux, confort sanitaire, accès à l'eau courante, salubrité des bâtiments, l'accueil et d'hospitalisation).

Les besoins en mobilier et matériel médical de base sont définis par ordre de priorité. Il s'agit toujours de rester dans le domaine du concret et du réalisable à moindre frais.
La visite des locaux est suivie d'une réunion en présence des autorités coutumières et administratives compétentes.

Le projet est clairement défini auprès de la population; dans les détails la priorité est toujours donnée aux installations et travaux de première nécessité. Cette réunion fait l'objet d'un procès verbal du conseil municipal ou du comité villageois qui approuve officiellement le projet de Racines d'enfance.

Cette réunion est aussi l’opportunité de rappeler que notre investissement financier et matériel est conditionné à l’engagement de la part du personnel de santé et des municipalités à respecter les mesures d’hygiène élémentaire et à entretenir les locaux rénovés.

Fort de ces engagements avec nos partenaires locaux, nous pouvons démarrer la réalisation du projet.
Les entreprises locales sont invitées à nous présenter des devis détaillés que nous étudions sur place avec eux. Les prix sont négociés, les travaux suivis tranche par tranche, les paiements échelonnés en fonction de l'avancée des réalisations.

Les maîtres mots de notre action sont Efficacité, Maîtrise, Responsabilité et Partenariat.

  • Efficacité : chaque euro investi pour le meilleur retour en investissement humanitaire.
  • Maîtrise du projet comme on le ferait pour soi.
  • Responsabiliser le personnel médical aux mesures de salubrités et d'hygiènes.
  • Enfin le partenariat avec les acteurs locaux reste le meilleur gage de pérennité de notre action.

Dr Patrick TAIEB

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